Sélection de parutions

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Les Massacres des Arméniens

Le meurtre d'une nation (1915-1916)

Arnold J. Toynbee

16 avril 2004 (réédition)

Editions Payot

Couverture du livre : Les Massacres des Arméniens

L'historien britannique Arnold J. Toynbee (1889-1975), l'une des grandes figures intellectuelles du XXe siècle, a vingt-six ans lorsqu'il rédige, à la demande du gouvernement britannique, un rapport sur la politique de déportation et d'extermination des Arméniens mise en œuvre par les autorités turques en 1915. Si le terme de génocide n'existe pas encore, Toynbee, à travers les faits qu'il décrit, en formule déjà le concept et en établit les mécanismes. Cinquante ans plus tard, devenu célèbre par sa monumentale Étude de l'histoire consacrée à l'essor et au déclin des civilisations, Toynbee reviendra dans ses Mémoires sur ce crime contre l'humanité dont l'impunité ne pouvait qu'encourager la répétition : « Les déportations furent délibérément conduites avec une brutalité calculée pour provoquer le maximum de victimes en route. Là est le crime ; et l'étude que j'y consacrai laissa dans mon esprit une impression qui ne fut pas effacée par le génocide commis avec encore plus de sang-froid, et sur une plus grande échelle, pendant la Seconde Guerre mondiale par les Nazis. »

A l’heure où l’historiographie de la Première Guerre mondiale se concentre, non plus seulement sur les aspects militaires, politiques et diplomatiques, mais aussi sur la brutalisation de la société et les violences de guerre, montrant comment ce premier conflit total fut la matrice d’un XXe siècle fertile en crimes de masse, Les Massacres des Arméniens, où Arnold J. Toynbee décrypte de façon synthétique, bien avant sa définition juridique, les causes et les mécanismes du génocide, apporte un éclairage pionnier. Ce livre est en effet l’un des premiers, sinon le tout premier publié en Occident sur ce crime contre l’humanité qui fit un million de victimes. En 1915-1916, le gouvernement Jeune-Turc décida et mit en œuvre la déportation et l’extermination des Arméniens. À la demande du gouvernement britannique, le jeune Toynbee, alors âgé de 26 ans, rédigea un rapport sur la situation. Cinquante ans plus tard, il écrivit : "Les déportations furent délibérément conduites avec une brutalité calculée pour provoquer le maximum de victimes en route. Là est le crime [...] ; et l’étude que j’y consacrai laissa dans mon esprit une impression qui ne fut pas effacée par le génocide commis avec encore plus de sang-froid, et sur une plus grande échelle, pendant la Seconde Guerre mondiale par les Nazis." Certes, ce livre fait partie de ce que l’on appelait très officiellement la "propagande de guerre" qui, comme les documents sur les atrocités allemandes en Belgique occupée servant de modèle, vise à souligner la barbarie de l’ennemi et, en contraste, la légitimité morale de la lutte des Alliés de l’Entente. Toynbee lui-même l’a reconnu ultérieurement, sans pour autant nier l’authenticité des faits qu’il avait décrits. L’instrumentalisation des crimes de l’autre pour des buts politiques ne signifie pas que ces crimes n’ont pas eu lieu, comme voudraient le faire croire les historiens officiels de la Turquie.

L’historien britannique Arnold J. Toynbee (1889-1975) - à ne pas confondre avec son oncle, Arnold Toynbee (1852-1883), créateur du concept de révolution industrielle - est considéré comme l’une des grandes figures intellectuelles et humanistes du XXe siècle. Après des études classiques et un début de carrière d’enseignant d’histoire grecque et byzantine, n’ayant pu participer au service actif pour raisons de santé, il fut affecté aux Renseignements politiques du Foreign Office en 1915 et participa en 1919 à la Conférence de Paix. Entre 1925 et 1955, il fut directeur de recherche au Royal Institute of International Affairs et professeur d’histoire des relations internationales à l’Université de Londres. Auteur prolifique, il est surtout connu pour sa monumentale Étude de l’histoire en 12 volumes (1934-1961), oeuvre comparatiste panoramique sur l’essor et le déclin des civilisations. Les Éditions Payot ont notamment publié de lui La Grande Aventure de l’humanité (1994) et L’Histoire (1996).

Les Massacres des Arméniens a paru pour la première fois en France aux Éditions Payot en 1916. Il a été réédité en 1987. La présente édition, augmentée d’une préface et d’un appareil critique, a été établie par Claire Mouradian. Directrice de recherche au CNRS (Centre d’études du monde russe, soviétique et post-soviétique), historienne, spécialiste de l’Arménie et du Caucase, celle-ci a notamment publié De Staline à Gorbatchev, histoire d’une république soviétique : l’Arménie (Ramsay, 1990) et L’Arménie (PUF, 2002, 3e éd.). Elle a également dirigé, avec G. Bensoussan et Y. Ternon, le numéro de la Revue d’histoire de la Shoah intitulé « Ailleurs, hier, autrement : connaissance et reconnaissance du génocide des Arméniens » (2003).

  • N° ISBN : 2228898724
  • Nombre de pages : 297
  • Prix éditeur : 23,00 €
  • amazon
  • fnac
  • alapage

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Au pays de l'épouvante

l'Arménie martyre

Henry Barby

avril 2004 (réédition)

Editions Le cercle d'écrits caucasiens

Couverture du livre : Au pays de l'épouvante

Correspondant de guerre du « Journal », Henry BARBY fut chargé de couvrir les opérations de guerre sur le front russo-turc dès l’éclatement de la Première Guerre mondiale. Entre 1914-1916, il accompagna les troupes russes et les corps des volontaires arméniens dans leur offensive qui avait pour théâtre les provinces arméniennes dans l’est de l’Empire ottoman et, avec eux, il atteignit Van en passant par Trébizonde, Erzeroum, Erzindjan. Ce qu’il découvrit en traversant le cœur de l’Arménie historique n’était qu’un champ de ruines, un gigantesque cimetière où des survivants fantomatiques erraient au milieu de cadavres sans sépultures.
Avec un professionnalisme exemplaire, il recueillit et consigna, chaque fois qu’il en eut l’occasion, des témoignages de rescapés, de consuls et de missionnaires étrangers encore présents dans l’Empire ottoman et avec une rare lucidité, il désigna et condamna sans appel, dès 1915 les responsables directs de l’extermination de la nation arménienne : les Jeunes-Turcs regroupés dans le parti « Union et progrès ». Les atrocités commises sur les femmes et les enfants arméniens sans défense font s’écrier ce français qui a déjà vu le sang couler dans les Balkans en 1912-1913 mais qui est projeté cette fois dans l’enfer sur terre : « Y a-t’il dans le monde d’autres femmes, d’autres mères qui aient jamais enduré un martyr pareil au leur ? »

A l’heure où, dans une Europe en quête d’une identité et d’une cohésion nouvelles, des panégyristes patentés, voire stipendiés, de la «laïcité à la turque » prêchent le «devoir de mémoire », en même temps qu’ils falsifient de façon éhonté l’Histoire et demandent à cor et à cri l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, le témoignage de Henry BARBY rappelle la barbarie sans nom à laquelle les Jeunes-Turcs se réclamant d’une certaine « laïcité à l’européenne » se livrèrent durant la Première Guerre mondiale. Une barbarie telle que n’osèrent perpétrer les plus implacables des sultans califes !

Hratch Bedrossian

  • N° ISBN : 2913564143
  • Prix éditeur : 29,50 €
  • fnac

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Parole gardée

François Besset

1 février 2004

Editions L'Harmattan

Couverture du livre : Parole gardée

Théâtre des cinq continents

Cette oeuvre est la confession d'une mémoire douloureuse. A travers l'actuelle Turquie orientale, Sévan se souvient. ANATOLIE 1915. Hagop, gros commerçant d'abricots et poète ridicule, a des démangeaisons politiques. Moustapha, ce Juste de l'Islam, saura-t-il, à temps, éteindre le nationalisme vengeur de son propre fils, Anahide la Chrétienne farouche, attachée à sa terre, décidera-t-elle sa famille à fuir? Et puis il y a Anouche, la belle séquestrée, demi-folle,ou trop consciente de son destin et de celui de son peuple.

  • N° ISBN : 2747560988
  • Prix éditeur : 12,20 €

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L'Histoire trouée

Négation et témoignage

Catherine Coquio

29 janvier 2004

Editions L'Atalante

Couverture du livre : L'Histoire trouée

Né de l'important colloque tenu à la Sorbonne en septembre 2002, L'histoire trouée, négation et témoignage, propose une réflexion collective sur la mémoire et le déni des catastrophes historiques, génocides et crimes contre l'humanité survenus dans notre long vingtième siècle. Universitaires, artistes, juristes et cliniciens - français et étrangers - se sont associés pour visiter le couple maudit de la négation et du témoignage. Étudiées en elles-mêmes, ces catastrophes historiques s'appréhendent aussi à l'échelle du monde entier. Si l'Europe a vu naître un négationnisme hors du commun, la diversité des lieux d'histoire mobilisés par la quarantaine d'auteurs fait écho à la diversité et à l'universalité du questionnement. Sommes-nous entrés dans une " ère de la négation " ? Comment disparaît-on de l'histoire ? Qu'est-ce qui rend impensable le crime ? Qui sont les agents de la négation ? Quelle est la place de la fiction et de l'imaginaire dans le témoignage ? Quelles sont les temporalités propres à toutes ces questions ? Ouvrage d'utilité sociale, L'histoire trouée propose à ce sujet une somme unique d'informations, de réflexions et d'hypothèses.

Cet ouvrage de référence est dirigé par Catherine Coquio, maître de conférences à Paris IV et présidente de l’Association internationale de recherche sur les crimes contre l’humanité et les génocides (elle avait précédemment dirigé Parler des camps chez Denoël). Le livre regroupe une quarantaine d’auteurs français et étrangers spécialistes de ces questions, notamment Janine Altounian, Véronique Nahoum-Grappe, Enzo Traverso, Marc Nichanian, Albert Herszkowicz, Henriette Asséo, Saleh Abdel Jawad, Jean-Louis Panné, François-Xavier Vershave, Louis Bagilishya, Martine Hovanessian, Hélène Piralian, Yves Ternon ou encore Boubacar Boris Diop

  • N° ISBN : 2841722481
  • Nombre de pages : 608
  • Prix éditeur : 29,00 €
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L'Arménien

Clotilde HELLER-DER GHOUGASSIAN

1 janvier 2003

Editions Les Presses du Midi

HRant a à peine quatre ans lorsque les Turcs prennent la décision de décimer le Peuple Arménien. Il sera l'un des rares rescapés de ce monstrueux génocide. Malgré son très jeune âge, les souvenirs et la douleur liés à ces moments tragiques resteront très vifs, nichés au plus profond de son être.

Après un début d'exode périlleux avec sa mère, celle-ci décide de le protéger en le confiant à des orphelinats qui recueillent ces enfants rescapés. À onze ans, il aura enfin le bonheur de la retrouver à Damas. Mais à ce moment-là , la vie est très difficile au Moyen-Orient. Les voilà donc embarqués pour la France, qui accueille avec plaisir des travailleurs pour repeupler les usines après l'hécatombe de la première guerre mondiale. Ils y travailleront dur avant que HRant puisse s'installer comme tailleur à Nice et y fonder une famille. Mais la vie les rattrape et la deuxième guerre mondiale éclate. Apatride, il est engagé dans l'armée française, est fait prisonnier des Allemands et s'évade. Ça n'est qu'après la guerre que sa vie et celle des siens deviendra douce .

Lorsque HRant a décidé de confier le récit de sa vie à l'auteur, il l'a fait avec beaucoup de pudeur. Au début, il a exprimé toute cette douleur qui était restée enfouie pendant de très longues années. Mais au fur et à mesure sont réapparus sa joie de vivre et son optimisme qui ont été pour lui des garants de la survie de son peuple.

L'auteur: Clotilde Heller Der Ghougassian est normalienne et a enseigné le français. De mère arménienne, elle a ressenti le besoin de faire un travail de mémoire, que lui a offert HRant, son petit cousin.

  • N° ISBN : 2-87867-521-5
  • Nombre de pages : 198
  • Prix éditeur : 15,00 €

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