Sélection de parutions

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"Mémoires du génocide arménien"

Janine Altounian

1 avril 2009

Editions Presses Universitaires de France

 Quand un adolescent raconte le génocide arménien : de l'émotion du manuscrit original à son interprétation psychanalytique.

 Cet ouvrage à plusieurs voix porte sur la question de la transmission d’un héritage traumatique et de son mode d’élaboration au cours du travail analytique. Il a la particularité de comporter, en fac simile, le manuscrit original du témoignage autour duquel il s’origine et s’organise : le Journal de déportation de Vahram Altounian, traduit par Krikor Beledian, reçu et commenté par sa fille Janine Altounian, essayiste et traductrice. Il montre comment, à partir d’un écrit indéchiffrable pour tout lecteur néophyte, une expérience traumatique débutant à Boursa, petite ville d’Asie mineure, un « mercredi 10 août 1915 », passe par l’épreuve de sa traduction, celle de sa réception et de son élaboration subjective par un héritier pour se transmettre et aboutir, quasi un siècle plus tard, à la présente publication à laquelle contribuent :

o Krikor BELEDIAN, écrivain de langue arménienne, maître de conférences à l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales).
o Jean-François CHIANTARETTO, psychanalyste, professeur de psychopathologie (Université de Paris 13, UTRPP).
o Manuela FRAIRE, psychanalyste, membre titulaire de la SPI (Société Italienne de Psychanalyse) et de l’IPA.
o Yolanda GAMPEL, psychanalyste, membre titulaire de la SIP (Société Israélienne de Psychanalyse), représentant pour l’Europe au Conseil de l’IPA, professeur à l’Université de Tel-Aviv.
o René KAËS, psychanalyste, professeur émérite de l’Université Louis-Lumière Lyon 2.
o Régine WAINTRATER, psychanalyste, thérapeute familiale, maître de conférences Université Paris 7 - Diderot.

A propos de l'auteur :

  • JANINE ALTOUNIAN est essayiste et traductrice.
  • Co-traductrice de Freud depuis 1970 et responsable de l’harmonisation dans l’équipe éditoriale des Œuvres Complètes de Freud aux Presses Universitaires de France.
  • Née à Paris de parents arméniens rescapés du génocide de 1915, elle travaille par ailleurs sur la « traduction », dans le psychisme, d’un trauma collectif chez les descendants de survivants.
  • N° ISBN : 978-2-13-057327-2
  • Nombre de pages : 208
  • Prix éditeur : 32,00 €

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VERS L’EUROPE

du négationnisme au dialogue arméno-turc

Denis Donikian

10 mars 2009

Editions A d'Arménie

EXTRAIT :
Au nom de tous les miens, pardon Monsieur Erdogan !

 
Il appartient aux Arméniens de faire des excuses à la Turquie suite à leurs allégations erronées de génocide pendant la première guerre mondiale. a déclaré lundi 11 avril 2005, M. Recep Tayyip Erdogan, au cours de sa visite officielle en Norvège.
 
Ces enfants arméniens qu’on enterra vivants pas centaines remuent encore sous la terre autour de Diarbékir pour vous demander pardon. Ces déportés torturés par la soif que vos gendarmes attachaient face aux rivières ou promenaient le long des fleuves en leur défendant d’approcher ne sauraient faire moins eux aussi que d’implorer votre grâce.

Au nom de ceux qui se sont jetés dans les flots pour s’y noyer en apaisant leur soif ou de ceux qu’on fit boire aux rivières souillées par des cadavres arméniens, je vous demande pardon. « Pardon ! » auraient dit ces enfants arméniens, sans père ni mère, qu’on vendait pour deux médjidiés, soit 1,20 euro, sur les marchés d’Istanbul, capitale ottomane.

Ces filles qu’on passait aux soldats vous demandent elles aussi pardon d’avoir été violées ou d’avoir peuplé les harems de vos pères. On aurait pu aussi exiger de Madame Terzibachian d’Erzeroum de vous demander pardon pour avoir témoigné au procès Tehlirian en racontant comment à Malatia les femmes virent leurs époux tués à coups de hache avant d’être poussés dans l’eau et comment leurs bourreaux vinrent choisir les plus belles, transperçant de leur baïonnette celles qui s’y refusaient.

Mais Madame Terzibachian n’étant probablement plus de ce monde, je vous demande pardon à sa place d’avoir porté l’accusation contre le soldat qui trancha la tête de son propre frère sous les yeux de sa mère aussitôt foudroyée, et qui jeta son enfant pour la seule raison qu’elle le repoussait. Pardon de vous avoir offensé au nom des Arméniennes de Mardin dont on déshonora les cadavres encore frais. Les Arméniens qu’on jeta par centaines dans les gorges du lac de Goeljuk, non loin de Kharpout, selon ce que le consul américain nous en a rapporté, s’excusent par ma bouche d’avoir porté atteinte à votre honneur que leur mort accuse les Turcs de les avoir acculés dans une nasse avant de les égorger.

Je vous fais grâce de ces restes humains qu’on dépouilla de tout, de leurs maisons, de leurs biens, de leurs vêtements, de leurs enfants, et ces enfants de leurs propres parents, de leur innocence, de leur virginité, de leur religion, de l’eau qu’on boit quand on a soif, du pain quand on a faim, de leur vie autant que de leur mort, de leur paysage familier et de la terre de leurs ancêtres…

De tous ces gens me voici leur porte-parole, ils parlent en moi, je les entends agoniser dans mon propre corps, pour vous demander pardon d’avoir existé, pardon d’avoir été trompés, turcisés, torturés, ferrés comme des chevaux, violés, égorgés, éviscérés, démembrés, dépecés, brûlés vifs, noyés en pleine mer, asphyxiés, pour tout dire déshumanisés… Car vous n’êtes en rien responsable des malheurs absolus que vos frères inhumains firent subir aux nôtres, frères humains trahis dans leur humanité. Non, l’histoire de vos pères n’est pas votre histoire.

L’histoire de la Turquie ne naît pas sur ces champs de cadavres arméniens. Et pourquoi donc supporteriez-vous les péchés de vos pères ? Qui oserait vous faire croire que ces maisons désertées par les Arméniens ont été aussitôt habitées par les vôtres ? Que des villages entiers, vidés de leurs habitants naturels, ont été occupés par les vôtres, au nom d’une légitimité illégitime ? Que la ville de Bursa comptait 77 000 Arméniens durant la période ottomane, plus que deux au premier recensement ? Que les richesses de ces Arméniens pourchassés, déportés, anéantis aient nourri ces prédateurs qui furent d’une génération dont vous ne fûtes nullement engendré, Monsieur Erdogan.

Il faut que les Arméniens s’excusent d’avoir été là où vous n’étiez pas encore. Qu’ils s’excusent d’avoir proclamé depuis 90 ans, d’une manière ou d’une autre, par des livres ou de vive voix, par leur mort sur les chemins du désert ou leur vie dispersée aux quatre coins du monde, que le génocide arménien est et sera toujours le fond noir de l’identité turque.

  • N° ISBN : 978-9939-816-00-5
  • Nombre de pages : 252
  • Prix éditeur : 13,00 €
  • A d'Arménie
  • Librairie Samuelian 51 rue Monsieur le Prince Paris, 75006 Tél. 01.43.26.88.65

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MEDZ YEGHERN

Le Grand Mal

Paolo Cossi

7 mars 2009

Editions Dargaud

Avec ces 144 pages au format du roman graphique n’a a priori rien d’imposant. Et pourtant la couverture sanglante donne le ton : un soldat turc tenant une tête qu’il vient de trancher avec son sabre. L’Italien Paolo Cossi raconte ni plus ni moins le génocide arménien organisé par le gouvernement turc durant la Première Guerre mondiale, "Le grand mal" ("Medz Yeghern" en arménien) comme l’appelle la diaspora arménienne.

Dans cet album en noir et blanc, au trait simple et au décor épuré, l’on suit tour à tour, découpé en plusieurs chapitres, plusieurs personnages qui par ce qu’ils vivent nous font comprendre les différents aspects de la tragédie. Il y a par exemple Aram, jeune soldat qui échappe par miracle au massacre de son bataillon et qui ira rejoindre les résistants aux côtés de Murat, un jeune Turc opposé à la solution finale.Il y a aussi Sona, dont la riche famille est exterminée ou bien Armin T.Wegner, jeune sous-lieutenant allemand qui apporte son témoignage photographique...

Paolo Cossi n’a pas cherché à préserver le lecteur : les scènes sont d’une cruauté inouïe et pour certaines simplement insupportables. Parfois le dessinateur déforme les corps pour accentuer encore l’effet dramatique. Certes, des scènes d’amitié parsèment ça et là les planches et permettent de souffler un peu mais on sort de cette bande dessinée totalement révolté... mais désormais complètement conscient de cette tragédie.

Au terme du massacre des Arméniens, on compta environ 1,2 million de morts. A ce jour, le gouvernement turc n’a toujours pas reconnu le génocide.

A propos de l'auteur :

A propos de l'auteur :

Paola Cossi (Pordenone, 1980) vit et travaille dans la verdoyante région de Vlcellina, au Frioul. En 2002, il publie pour "Biblioteca dell'immagine" le roma, en images Corona, l'homme du bois d'Erto. En 2003, pour le même éditeur, il publie le livre Tina Modotii. En 2004, il remporte le prix "Albertarelli" de l'ANAFI, du meilleur jeune auteur italien. En 2005, paraissent trois volumes de bandes dessinées: Corona, la montagne comme la vie (Biblioteca dell'immagnie), Unabomber et Tremblement de terre du Frioul (Becco Giallo). En 2006, il publie L'histoire de Mara (Lavieri) et en 2007, 1918, destins d'octobre (De Bastiani). Il collabore à la revue "ALP", avec des histoires courtes sur des scénarios d'Andrea Gobetti.

  • Nombre de pages : 144
  • Prix éditeur : 9,00 €
  • Dargaud
  • Librairie Samuélian 51, rue Monsieur-le-Prince 75006 Paris - 01 43 26 88 65

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7, rue de Chelles

Pour ce que nous avons tous été enfants...

Yves Ternon

29 janvier 2009

Editions le félin

Pourquoi et comment ? Nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi et comment Yves Ternon, chirurgien de profession, enfant d’une famille française catholique, donc sans lien personnel avec les Armeniens, les Juifs, les Turcs, les Allemands, est devenu un historien spécialiste des génocides et de leur négation, auteur d’une thèse magistrale sur les massacres de Mardin. Si 7 rue de Chelles, le dernier de ses ouvrages, paru aux éditions du Félin (2009),  livre de souvenirs personnels palpitant, ne répond pas directement à la question,  il révèle avec une parfaite franchise mais sans impudeur, comment le petit garçon, qu’une tragédie familiale met sur la voie de la chirurgie dès l’âge de trois ans, devient sensible à la souffrance, aux injustices, aux discriminations, à l’antisémitisme – y compris celui dont sa propre famille l’a encombré –, tout ce qui le mènera ultérieurement à son deuxième métier de chercheur en histoire et de défenseur des droits de l’homme, et à devenir le Mensch que nous connaissons. Ce livre fait revivre non seulement l’enfance et la jeunesse d’Yves Ternon, mais aussi la France des années 1930 et 1940, l’expérience de l’occupation, du retour des camarades de classe juifs, des remises en question. Il est écrit avec tant  d’élégance, de précision et d’agilité, avec des touches d’humour légèrement posées ici et là et le mot toujours juste, qu’on s’amuse de lire, p. 154, que les amis du jeune étudiant Yves se moquaient de son style, et que l’on regrette surtout que ce joyau  ne nous permette de suivre les aventures et le cheminement d'un petit garçon en voie de devenir un grand monsieur que jusqu’à  ses 21 ans, à l’orée de sa vie d’adulte. 
Le site de l'éditeur a mis en ligne le premier chapitre
 
Espérons une suite pour très bientôt.
 
Dalita Roger-Hacyan,
Université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne)

 

A propos de l'auteur :

Yves Ternon
Médecin et historien

Né en 1932 à Saint-Mandé (France), ancien interne des Hôpitaux de Paris, chirurgien, Yves Ternon conduit depuis 1965 des recherches historiques sur le génocide juif et le génocide arménien. Docteur en histoire, Université Paris IV Sorbonne, il a publié trois ouvrages, en collaboration, sur le nazisme : Histoire de la médecine SS (1969); Le Massacre des aliénés (1971) ; Les Médecins allemands et le national-socialisme, (1973), ainsi que de nombreux ouvrages sur les Arméniens dont : Les Arméniens, histoire d'un génocide (Seuil, 1977 et 1996), La Cause Arménienne (Seuil, 1983), Enquête sur la négation d'un génocide (Parenthèses, 1989); et un livre de réflexion sur les génocides du XXe siècle : L'État criminel (Seuil, 1995).

  • N° ISBN : 978-2-86645-687-0
  • Nombre de pages : 192
  • Prix éditeur : 18,00 €
  • fnac
  • le félin
  • Librairie Samuélian 51, rue Monsieur-le-Prince 75006 Paris - 01 43 26 88 65

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EREVAN-PARIS IXe

Roman témoignage

André Labidoire

15 janvier 2009

Editions Editinter

Pierre Danzac a six ans à la fin de la seconde guerre mondiale. Il vit chez sa grand-mère paternelle Marie-Jeanne qui occupe un petit logement rue Condorcet à Paris. Elle vit avec Ratch Fetvadjian, un Arménien rescapé du génocide de 1915. Aventurier talentueux, conteur passionnant, joueur incorrigible, issu d’une famille arménienne de grands propriétaires, il est désormais ruiné.

Devant un atlas toujours ouvert, le vieil homme raconte à l’enfant le génocide, puis sa fuite d’Arménie qui le mènera en pleine Révolution russe jusqu’à Vladivostok par le fameux Transsibérien, puis au Japon, à San Francisco, New York et enfin, à Paris.

Aux éclairages intimes de la vie quotidienne de l’après-guerre se succèdent des personnages qui nourrissent l’imaginaire de l’enfant et introduisent une réalité historique et politique qui aujourd’hui encore résonne avec force dans notre actualité.

EREVAN-PARIS IXe est un roman témoignage inspiré par cette première moitié du vingtième siècle au cours duquel des millions d’hommes sont morts en raison de leur religion, de leur race ou de leurs idées. Pour l’Arménie, les auteurs du génocide sont désignés par l’histoire. Le monde attend désormais leur repentance.

A propos de l'auteur :

André Ratch LABIDOIRE a conduit une carrière de consultant dans les domaines de la communication sociale et politique. Il a effectué de nombreuses missions d’études à l’étranger et a été le témoin aux plus hauts niveaux d’évènements historiques qui ont marqué la fin du vingtième siècle. Erevan-Paris IXe associe à ses souvenirs d’enfance, l’histoire et le témoignage de son parrain, rescapé du génocide arménien de 1915.

  • N° ISBN : 978-2-35328-033-9
  • Prix éditeur : 17,00 €

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