Dossier
PÉDAGOGIQUE

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100 REPONSES - Fiches 061 à 070
fiches : 01 à 10 | 11 à 20 | 21 à 30 | 31 à 40 | 41 à 50 | 51 à 60 | 61 à 70 | 71 à 80 | 81 à 90 | 91 à 100
061 – Quels pays ont accueilli les réfugiés ?

 Beaucoup de réfugiés se sont installés en Arménie devenue soviétique, en Irak, au Liban, en Syrie, en Grèce, en Roumanie, en Bulgarie, tandis que d'autres ont poursuivi leur migration vers les États-Unis et la France. Celle-ci, qui manquait de main-d'œuvre après l'hécatombe de la Grande Guerre, les a fait venir avec des contrats de travail.
 
 

 
 

062 – Y a-t-il eu des aides internationales après les massacres ?
 Oui. L!émotion qu'a suscitée le génocide a engendré une importante aide humanitaire, en particulier des États-Unis (avec le Near East Relief, de Suisse, du Danemark, de Suède et des Pays-Bas.
063 – La question du génocide arménien a-t-elle été abordée lors des traités de paix ?

 Oui. Dès janvier 1919, en s'appuyant sur la Convention de La Haye de 1907, une commission est chargée d'étudier les événements. Son rapport (mars 1919) considère les événements de 1915 comme des « méthodes barbares et illégitimes ». Dans le traité de Sèvres (10 août 1920), plusieurs articles (226, 228, 230) demandent le jugement des responsables des massacres par un tribunal désigné par les Alliés. Le traité prévoit aussi la création d'un État arménien indépendant dont le tracé est confié au président des ÉtatsUnis, Woodrow Wilson. Il s'en acquitte par sa sentence arbitrale du 22 novembre 1920, en attribuant les provinces d'Anatolie de l'Est, peuplées majoritairement d'Arméniens avant le génocide, à la première république d'Arménie, née dans le Caucase russe le 28 mai 1918, autour de Erevan, après l'éclatement de l'empire tsariste.
064 - Pourquoi les frontières prévues dans ce traité n'ont-elles jamais été établies ?

 Pris dans leurs rivalités et las de la guerre, les vainqueurs - France, Royaume-Uni, États-Unis, Italie - ont laissé les puissances régionales, la Russie soviétique et la Turquie kémaliste, régler entre elles le sort de "Arménie et du Caucase, ce qu'elles font par le traité de Moscou (16 mars 1921), prolongé par le traité de Kars (13 octobre 1921) que sont contraintes de signer les trois républiques du Caucase du Sud (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie) après leur soviétisation. C'est un retour aux frontières de 1878. En 1923, prenant acte de la victoire sur le terrain des forces turques dissidentes qui ont réoccupé les provinces arméniennes d'Anatolie, le traité de Lausanne annule le traité de Sèvres (qui prévoyait aussi la création d'un État kurde et d'un État assyro-chaldéen) et se contente de garantir les droits culturels des Arméniens et des autres minorités religieuses non musulmanes vivant en Turquie.
 
065 – Pourquoi n'y a-t-il pas eu de tribunal comme celui de Nuremberg après la seconde Guerre mondiale ?


 Les procès des Unionistes de 1919-1920 sont une sorte de Tribunal de Nuremberg, mais au niveau interne et sans participation internationale. Les puissances européennes sont mobilisées autour des bouleversements en cours au lendemain de la Première Guerre (éclatement des empires allemand, austro-hongrois, ottoman, tsariste; révolutions russes; naissance de nouveaux États en Europe et au Proche-Orient; redistribution des zones d'influence). Puis, la victoire des forces kémalistes permet aux Turcs de renverser à leur profit la situation née de la défaite militaire ottomane dans le conflit mondial. Même réduite à l'Anatolie, la nouvelle République turque reste une puissance à la position stratégique à laquelle il convient désormais de s'allier.
066 – Que sont devenus les biens confisqués aux Arméniens après les massacres ?





 La confiscation des terres et des propriétés des déportés a été organisée par une commission dite des « biens abandonnés ». L'accaparation a été légalisée après la guerre par des ventes aux enchères des biens qui ne pouvaient plus être réclamés par leurs anciens propriétaires.
 
067 – Qu’est-il advenu du patrimoine culturel et architectural arménien en Turquie ?

 La plupart des églises arméniennes, d'une architecture de type roman très spécifique, sont transformées en mosquées ou en édifices publics. D'autres sont détruites ou laissées à l'abandon. D'une façon générale, tous les gouvernements turcs successifs se sont efforcés d'effacer toute trace de la présence et de la culture arméniennes.
068 - Aujourd'hui, que réclament les Arméniens à l'État turc ?

 La reconnaissance officielle du génocide et des réparations à définir pour les préjudices moraux, matériels et territoriaux subis et, d'une façon plus générale, le respect du droit des minorités. Le négationnisme persistant de l'État turc est considéré comme une continuation du crime.
 
069 – Quelle est la position du gouvernement turc actuel concernant le génocide arménien ?

 Il poursuit le négationnisme d'État des gouvernements précédents, avec une mobilisation particulière à l'occasion du quatre-vingt-dixième anniversaire de 1915 (2005). L'un des arguments utilisés est de laisser « l'histoire aux historiens », en ignorant les nombreux travaux déjà effectués. Dans le nouveau code pénal réformé en vue de l'adhésion à l'Union européenne, l'article 305 prévoit des peines d'emprisonnement pour la mention de questions portant atteinte à la sécurité de l'État, dont le génocide arménien (d'après le texte explicatif complémentaire). Par ailleurs, la notion même d' « Arménie » a été supprimée des manuels scolaires et des cartes officielles.
 
070 - Certains Arméniens ont-ils été tentés par l'action violente pour obtenir la reconnaissance du génocide par les Turcs ?





 Oui. Entre 1975 et 1985, certains optent pour une stratégie du « terrorisme publicitaire » pour briser le mur du silence. C'est le cas de groupuscules comme les commandos des Justiciers du génocide, et surtout de l'ASALA (Armée secrète arménienne pour la libération de l'Arménie), fondée au Liban en 1975. Ils mènent une série d'attentats contre des diplomates et des intérêts turcs dans le monde. L'attentat contre le comptoir de Turkish Airlines à l'aéroport d'Orly en 1983, qui fait huit morts et cinquante-cinq blessés, conduit à la division de l'ASALA, puis à l'abandon de l'action terroriste.