Les Persécutions antihelléniques en Turquie
depuis le début de la guerre européenne

Chapitre V

Crimes = Viols

Les Turcs, fertiles en imagination, ne reculèrent devant rien lorsqu'il s'agissait d'exterminer l'Hellénisme irrédimé. Seuls les procédés variaient d'après les circonstances et les personnes. Le but restait le même et tout moyen était bon pour l'atteindre.

 1° Meurtres individuels.

Les meurtres individuels remplacèrent les massacres observés dans la première période des persécutions.

On désirait par ce système terroriser les populations chrétiennes pour les contraindre à ne pas s'éloigner des centres. De cette façon, on les mettait dans l'impossibilité de procéder à la culture de leurs terres ou de vaquer à leur travail ; on les condamnait au marasme et à la ruine financière.

Le meurtre individuel était aussi indispensable pour se débarrasser de certaines personnes de marque qui auraient pu avoir une influence salutaire sur cette malheureuse population opprimée par le joug ottoman.

On pourrait observer que le meurtre individuel ne correspondait pas exactement au programme antihellénique des Turcs, savoir la contrainte à l'expatriation volontaire. Mais, d'un autre côté, comment expliquer ces crimes isolés, mais constants, commis en présence des autorités et restés impunis ?

Les victimes sont saisies dans les villages, aux yeux de tout le monde, pour être ensuite emmenées, torturées et finalement exécutées. Un rapport de Smyrne (rapport du Consulat Général de Smyrne, n° 9157 ; Archives n° 890) en date du 12 décembre 1914, relate, pour ne citer qu'un exemple, le cas d'un Hellène qui, arrêté dans un train, à la station d'Appa de Donisli, sauva sa tête après avoir juré qu'il ne remettrait plus les pieds sur le territoire turc. Ce n'était pas un crime ordinaire. Tout Grec qui osait s'éloigner pour se rendre sur ses terres était regardé comme un assassin. » Aucune erreur ne peut subsister. Le meurtre individuel devra indiscutablement être classé parmi les moyens employés par les Turcs pour l'extermination de l'Hellénisme. Les rapports officiels le prouvent. Dans le district de Mendessa, à l'exception du sandzak de Mougla.phis de 200 meurtres d'Hellènes furent constatés, notamment de juillet 1914 à décembre 1915 (rapport du Consulat Général de Smyrne, n° 60, 22 décembre 1915 ; Archives n° 5690).

D'autre part, on lit dans un rapport de Kirkilissé daté du 5 janvier 191(5 (rapport n° 16, Arch., n° 2931) : Les malheureux Grecs de Skopo, la commune de Thrace dont la population masculine est la plus nombreuse, abandonnent tristement fortune et patrie, cependant que les barbares font lugubrement sonner les cloches des églises, annonçant par des hurlements l'extermination de Skopo. Le cortège funèbre s'éloigne et quelques notables sont violemment arrachés à leurs familles, notamment les nommés Papakyriakos, les frères Konstandopoulos, Pélopidas Dovatsanidis, Zafirios Zafiriadis et Théodore Kokalas. Une demi-heure après leur départ de la ville, ils furent massacrés comme des bêtes et leurs cadavres furent dévorés par des oiseaux de proie. Un autre notable, Simos Simopoulos, fut arrêté, puis décapité, après des tortures imaginables. »

 2° Coups, emprisonnements.

On ne dédaigna pas les coups et les emprisonnements comme moyens destinés à l'extermination de l'Hellénisme.

Pour excuser leurs crimes, les Turcs obligeaient les Grecs par des moyens inouïs à déposer contre certaines personnes d'inqualifiables mensonges. On les arrêtait ensuite sous l'inculpation d'actes imaginaires. Les cours martiales jugeaient et condamnaient sans preuves ni raison. Et les malheureux Grecs jetés dans d'immondes prisons succombaient à la suite d'effroyables maladies.

 3° Viols.

C'est par le viol qu'on obtenait le déshonneur de la famille hellène et sa déchéance morale. La féroce et criminelle nature du Musulman apparaît ainsi dans toute son horreur. Dans aucun pays du monde on ne se trouva en présence de gendarmes conduisant en prison d'innocentes femmes et jeunes filles pour les violer.

Le consul d'Aïvali écrit à la date du 16 septembre 1915 (rapport n°290 ; Arch. N°10831) : « Le Grec est un paria et son honneur est entre les mains du premier bachibouzouk empressé à obéir aux ordres de son Gouvernement. »

Le même agent rapporte (rapport n° 290 ; Arch. n°10831)qu'«une jeune fille nommée Despina Stéphanie, du village de Gioumessi, fut successivement violée par le directeur de la police Nouli bey, par des gendarmes et des employés. Soldats et fonctionnaires publics se prélassent dans les habitations abandonnées par les Grecs, les transformant en lieux de débauche. Les jeunes filles grecques y sont conduites et violées. Plus de 200 sont enceintes. » Un autre rapport daté de Ganchori, du 1er avril 1915, atteste des faits analogues. Un rapport de Panderma en date du 10 juin 1915 (Légation de Grèce à Constantinople n 4406 ; Arch. n° 8670) donne une idée complète de la situation tragique des populations expatriées ; « Les villages musulmans abondent de femmes et déjeunes filles grecques que les Turcs obligent à exécuter des danses tellement immorales que je me vois dans l'impossibilité de les décrire. »

L'ingéniosité des Turcs alla encore plus loin. Provoquer la pauvreté par le vol, le pillage et le refus de blé était un autre moyen d'exterminer l'Hellénisme. Les autorités avaient formellement défendu aux populations qu'elles forçaient à l'expatriation, d'emporter avec elles le nécessaire à leur subsistance. On énumère par centaines les victimes qui périrent à la suite de ces traitements.

Une dépêche de Constantinople en date du 15 juillet 1915 (n° 4116 ; Arch. n°7744) rapporte que « les émigrés de Madito se montent à environ 1730.11 en meurt de faim 2 ou 3 par jour. Six à sept mille se trouvent dans une gare voisine de Panderma dépourvus du strict nécessaire. On en enterre 30 à 40 par jour. La mort est provoquée par la faim et la soif, les Turcs ne leur permettant pas de se procurer ni pain ni eau  »

Un rapport de Constantinople daté du 21 avril 1917 (n° 548 ; Arch. n° 5079) complète le télégramme précèdent : « Tout notable, tout honnête villageois est roué de coups par les gendarmes, qui gaspillent le peu de blé qui reste aux pauvres paysans. Brebis et vaches leur sont enlevées et ils se voient forcés de remettre aux agents de la force publique leurs dernières ressources en raki et en sucre, acquises à prix d'or. Us ne pourront résister aux coups et aux mauvais traitements. Ils sont, sous peine de mort, empêchés de cultiver leurs terres. »

 5° Bannissements.

Cette mesure visait les notables qui, par leur fortune et leurs moyens, venaient au secours de l'Hellénisme irrédimé.

Un rapport du mois de mars de la Légation de Grèce à Constantinople (rapport n° 1246 ; Arch. n° 2866) assure que dans l'intérieur de Bilizik et de Geni Sehir, plus de 200 notables furent bannis.

Un autre d'Adalia (rapport n° 67, en date du 6 avril 1915) fournit des renseignements précieux sur ce genre de persécution. Depuis l'époque où la Turquie s'est rangée aux côtés des Puissances Centrales, 600 notables ont été expulsés de Koniah, 31 de Sprati, 19 de Phenichi et dirigés sur Bazir de Koniah à soixante heures de leurs foyers. De pareilles expulsions sont constatées partout notamment à Samsoun mais on ne parvient pas à connaître le nombre exact des déportés.

6° Bandes.

Elles parcouraient le pays, terrorisant les Grecs qui, ne pouvant plus sortir de leurs villages librement pour travailler aux champs, se voyaient obligés de chercher leur salut dans l'exil. Elles étaient composées de criminels évadés ou relâchés des prisons et avaient pour chefs des oiiiciers de gendarmerie. Elles firent pour la première fois leur apparition au cours des persécutions de 1913-1914. Des rapports d'Andrinople (rapport n° 19 ; Arch. n°5673) et de Smyrne(rapport n° 72 ; Arch.n°7278) datés respectivement des 10 janvier et 30 mars 1915 nous donnent des détails précieux sur leur organisation.

Dans le département d'Aïdin, le centre de leur formation était Magnesia. Quinze comitadjis étaient désignés pour opérer dans la circonscription de Selikli; 10, dans celle de Démirtzi; 15 enfin, dans celle de Koula et dans le Kaza de Philadelphie.

Leurs premiers exploits se produisirent dans la circonscription de Giordes où le but fut amplement atteint. Les Grecs terrifiés n'osant plus s'éloigner du bourg, les bandits y pénétrèrent et pillèrent le magasin de Hadzi Emmanuel Athanasoglou.

Les bandes de Demirtzi et de Salikli agissaient surtout contre les marchands hellènes des villages musulmans qu'elles obligeaient par tous les moyens à suspendre leur commerce. Elles pillaient et saccageaient en outre leurs magasins.

L'action de ces bandes avait pris de telles proportions, que revêtues de l'uniforme militaire, elles terrorisaient la circonscription même de Smyrne. En deux mois cinq agressions dirigées contre de paisibles chrétiens y furent signalées.

Les autorités mêmes de l'Empire leur prêtaient leur concours à l'accomplissement de leur tâche. Ainsi Hadzi Moustafa, chef renommé de bande, ayant imposé une contribution forcée de 5.000 livres turques au village de Moussouli, le moudir de Demirtzi répondit aux réclamations des pavsans en emprisonnant quelques chrétiens pour avoir soi-disant falsifié une lettre qu'on lui avait apportée comme témoignage.

En un mot, les bandes formaient le corps exécutif des décisions que d'autres prenaient pour l'extermination de l'Hellénisme.

A l'appui des accusations relatées dans ce chapitre, nous joignons ci après un tableau statistique des répressions infligées aux Hellènes de Turquie. Il a été rédigé d'après les rapports officiels des Consulats,mais ne renferme qu'une faible partie des atrocités commises. Il fut absolument impossible de connaître les noms de toutes les victimes, les communications étant dans ces pays d'une extrême difficulté. Seuls les noms de victimes de qualité n'échappaient pas aux consuls. Souvent aussi le hasard leur venait en aide en maintes circonstances. Il a été, d'ailleurs, constaté que bien des rapports, notamment ceux de l'année 1916, ne parvinrent jamais à la Légation de Constantinople ni au Ministère des Affaires étrangères à Athènes.

 

CRIMES INDIVIDUELS

Smyrne.

  • 1914 juillet.
    • G. Paxinos, C. Paxinos, cinq frères Tsichlas, Skyrianos,F. Kambiris, A. Loutraris, Lalas ont été tués à Kesteni
    • A. Papaïoanou, G. Georgiadès, A. Christodoulou, Chalkias,au village Haskioï.
    • K. Orphanos, G. Tserabelis ont été massacrés sur la route de Vourla.
  • 1914 août.
    • Deux frères Stamatiou et leur domestique, tués près de Gioulhissar. Aspromati Triantaphyti et Aspromati Azacharoula ont été violées par des soldats.
  • 1914 septembre.
    • Les frères A. Kavakiotis et Z. Kavakiotis, tuésprès de Galitckeli.
    • G. Kagitsoglou et son fils Elie, tués à Ayasolouk.
    • Les frères 1. et E. Kontoyannis, tués à Develikioï.
    • I. Michalios, I. Tsiniroglou, tués à Kouroutsesmé.
    • Karayannis, Spanoudis, tués à Huskiotoï.
  • 1914 décembre.
    • I. Procopiou, G. Charalambidès, G. Mylonas, massacrés au village Karaoulani.
    • Les frères Konstanteli, S. Samios, Karapanayotis et son fils Tsomolis, tués près de Sevdikioï.
    • P. Tsomiectsoglou, P. Kechiagioglou, D. Tsilonoglou, tués près de Salichly.
    • Kirkintsolis, Calfilis, N. Krassasi, un nommé Démètre, originaire de Macédoine, massacrés.
  • 1915 janvier
    • 17 — N. Cypriotis, tué près de Mezikly
    • Le notable C. Metaxas grièvement blessé trois frères Manousoglou et Carpousas, leurs moulins à Hotolse.
    • Constantin Grigoriou, tué à Agatsikioï.
    • 17 — N. Nikolaou et sa femme tués à Mylassa
    • 19 — P. Sklavounos, A. Karlaginis, tué près du village de Geronta. Th. Corfiatis et son domestique tués à Geronda.
    • 22 — Ch. Tourseksoglou et Ch. Tsomleksoglou, tués à Geronda. Neofotistos Georges, tué près de Meresi.
    • 30. — Th. Kariotis, blessé grièvement ainsi que Marie Psalti et sa fille près de Kirtsali.
    • 31. — Th. Xenos, B. Salatsos, tués à Vonrnova.
    • 31. — Le prêtre Mamakis et Chasidakis, tués à Alicarnasse.
    • 1er. — N. Balis, tué à Menemeni.
    • 5. — Marigo Protopsalti, violés et blessée grièvement dans le village Kirtsali.
    • 5. — N. Tiliakos, Th. Tomios, tués près de Nazli.
    • 11. — K.Boudouris, D.Nidraios, Milios à Bayaeassi, près de Sokia
    • 11. — P. Zachariou, à Mourzali.
    • 12. — St. Stratigos, tué à Mesarliki.
    • 13. — Le lieutenant Nouri avec deux sous-officiers ont violé et grièvement blessé A. Koussaki à Saint-Georges, faubourg de Smyrne.
    • 16. — B. Moustakias a été trouvé décapité dans sa maisonà Kourloutas.
  • 1915 mars
    • 8. — E. Sagor, tué au vilUge Mitochori.
    • 10. — G. Yanitakis, tué à Tsapaki.
    • 10. — J. Gioulès, J. Tsemalis, tués à Menemi.
  • 1915 avril
    • 10. — A. Kavakiotis, Z. Kavakiotis et son fils, âgé de 12 ans, massacrés à Yambeni.
    • G. Kavakiotis. E. Kavakiotis, tués au village de Yambeni ; au même village les deux fils mineurs de Delimanoli griè vement bless és.
  • 1915 mai.
    • Lagos, assassiné à Ephèse.
    • E. Foutounoglou, tué près de Koula.
    • Près de Nazli ont été trouvés morts criblés de balles : Ch. Karakalpakis et les deux meuniers Kosta ainsi qu'un inconnu.
  • 1915 mai
    • 16. — A. Carmeropoulos, tué près de Yenibazar.
    • 25. — Th. Christodoulou, blessé grièvement par une balle.
  • 1915 juin.
    • — Ph. Nomatianos, tué à Karabounar.
    • 15. — Après le bombardement d'Alicarnasse dix-huit habitants et une fillette de 16 ans furent égorgés par des Cretois musulmans.
    • 16. — D. Roumeliotis, D. Tagcas, tués à Bouyouldy. I. Mylonas et son fils Georges tués à Kirklntzé.
  • 1915 juillet.
    • — D. Argyrakis, tué. 1915 août. — A. Spyroglou, tué à Kirkintzé.
  • 1915 septembre.
    • — Ch. Savopoulos, J. Hadjipetro, D. Broussali, J. Fotsopoulo tués à Aktsé.
  • 1915 octobre.
    • — K. Bindirlis, E. Karinas, D. Pathos, I. Baxevanis, tués à Sokia. B. Karvellas mis en prison où il subit des tortures atroces. 11 en est mort quelques jours après. G. Gouvelas écroué.
  • 1915 décembre.
    • — On a retiré sept cadavres affreusement mutilés dans une rivière près de Geronda. A. Spyroglou, âgé de 16 ans, maltraité et blessé. B. Photiadès et sa fille blessés par des gendarmes près du village Geronda.

Aïvali.

  • 1914 novembre
    • 23. — D. Ioannou, M. Hadjiyannis, D. Lachanas, tués.
    • 24. — Près de Pagamli ont été tués : S. Hadjianloniou, I. Roubalas, P. Michalios et J. Liskos mortellement blessé.
    • Une bande d'émigrés musulmans a assailli aux environs de la ville un nombre considérable d'ouvriers et d'ouvrières.Plusieurs vierges furent violées.
  • 1915 janvier 25.
    • — D. Stoupis, tué à Moschonisia, son frère grièvement blessé.
  • 1915 février
    • 10. — G. Koukoutos et A. Delioglani disparus avec leur voiture pendant une excursion hors de la ville. D. Maliaros, P. Sideris, I. Tesibais, P. Hadjikosmas ont été arrêtés par des bachibouzouks et battus. On les trouva nus, demi-morts, dans la banlieue de la ville.
    • — P. Psaroukis avec son fils Eustrate. Les cadavres furent jetés par un gendarme dans un puits.
    • 16. — S. Argyrou, blessé grièvement ; son frère Panaghi, battu.
    • 17. — On a trouvé cinq cadavres carbonisés près delà ville. Il paraît qu'ils ont été brûlés vifs.
    • 23. — P. Makras, K. Anestis. I. Hamalis, massacrés par des soldats.
  • 1915 mars
    • 5. —Quarante-deux villageois grecs ont été arrêtés par desbachibouzouks ; leur sort est resté inconnu.
    • 7. — Paleologos, Apsathas. N. Bioros et B. Klaromenos, âgé de 15 ans, trouvés décapités. Leurs cadavres portaient des traces de tortures.
    • 31. — Le cadavre d'un jeune homme portant une corde autour du cou a été trouvé dans un lieux d'aisance dans une maison musulmane.
  • 1915 mai
    • 11. — Ont été arrêtés cinquante hommes et femmes et conduits à Smyrne. En route les femmes ont été violées par les gendarmes. Despina Stefanou a été emmenée au village Gioumesti et violée par toute la garde de gendarmes.
  • 1915 juin
    • 12. — A. Mavroudis, disparu.
    • 14. — E. Papadimitriou, tué.
  • 1915 juillet
    • 8. — Des soldats ont tué C. Apsatos, I.. Commenos et Ch. Malemhiaris, âgé de 14 ans.
    • 10. — P. Psefiarakos, grièvement blessé..
  • 1915 août
    • 1er. — Le cadavre de Photi Dalas a été trouvé affreusement mutilé.
    • 15. — A. Koulakanis, G. Zarifi tués à Moschonissia. Ap. Doukas, I. Agalaras, D. Vafiadis, P. Timakos, D. Orfanos, P. Angelidés de Moschonissia jetés dans les prisons d'Aïvali où ils subirent des tortures.
  • 1916 janvier.
    • — Les pêcheurs G. Bonelis, G. Siscnis et P. Dedoulos tués.
    • 25. — Les frères Ch. et E. Bolibos, E. Routroubilas, P. et A. Tagis, E. Papoutsis, G. Saltas, b.Roumeliotis, E.Ganis, E. Ganis et P. Tsarlimbaris, massacrés.
  • 1916 février
    • 12. — Le cadavre de P. Koucounaran a été trouvé criblé de coups de baïonnettes.
    • 18. — I. Valmas, tué.

Constantinople.

  • 1915 mars
    • — D. Couleclis, tués à Bakmcli. Le nombre d'exilés grecs en Asie-Mineure jusqu'au 3 mars s'élève à 200 (ce chiffre se rapporte aux Grecs exilés de Constantinople seulement; le chiffre 10.000 qui figure plus loin représente le total des personnes exilées de tous les points de l'Empire.. Parmi eux : C. Theodoro, G. Vassiliou, Th. Vassiliou, G. Demosthenes, B. Athanassiou, Th. Karamitsos, T. Vassiliou, Ch. Styliamos, P. Simeon, K., Ioannou, G. Panajotou, L. Nicolaou, A. Karakos, P. Vitalis, M. Apostolou, B. Joseph, E. Anastasiadès, A. Deocosmidès, L. Georgiou, N. Zografidès. E. Manoulidis. I. Papoulis, P. Constantinou, P. Samarou, N. Athanassiou, N. Dimou, Ch. Basiliou, Th. Prodromou, N. Dimitriou, B. Safaïdaris, S. Okoumou, D. Salir, Th. Demetriou, S. Gregoriou, G. Photiou, D. Roumounos et Z. Ignatiou. Selon le rapport sub n°1246 (N°2866 Archives) de la Légation de Constantinople du 2 mars le nombre des Grecs exilés dans les vilayets d'Asie-Mineure s'élève à 10.000.
  • 1915 juin.
    • — Soixante Grecs des districts de Bouyoukdére, Tsorlou, Tsataldja et Siiyvria, conduits à Constantinople et emprisonnés.
  • 1915 juillet.
    • — L’archimandrite A. Papadopoulo, archiviste du Patriarcat, écroué. Quelques mois après il fut exilé. Ont été mis aussi en prison le prieur du monastère Saint-Georges à l'île des Princes, les prêtres Jean Oeconomou et Cyrille de Bouyoukdére et l'Archimandrite Genadius.

Vourla. i

  • 1915 février.
    • — E. Hadjiconstantinou et Manolas, mis en prison sansaucune raison.
    • 1915 mai.
    • — Les bergers N. Chloros et 1. Paraparis tués, E. Vretos grièvement blessé. S.Dimakis, M. Karakyria-kos et M.Karanikolis, tués. Plusieurs arrestations ; un grand nombre arrêtés et exilés à Van et Mossoul ; parmi eux : les frères Vati et C. Bogdanos.
  • 1915 juin.
    • — G. Niaos, B. Germakopoulo, I. Motagis, assassinés près de Tsirlideré. Vingt-six Grecs mis en prison; parmi eux sont G. Tsanetis, I. Coumasonis et les prêtres Jean Pauteleïmon et Varlaham.
  • 1915 juillet.
    • — Dix-huit Grecs massacrés à Kiosteniou. entre autres :P. Xydias, S. Kapiris, A. Goutaris, N. Vaidchis, P.Sterghianou, G. Valachis, 17 ans. Dix-sept Grecs arrêtés, onze sujets hellènes expulsés.
  • 1915 décembre.
    • — Le corps de N. Tarnanis a été trouvé près de Calambaca affreusement mutilé.

Adalia.

  • 1915 janvier.
    • — A Kemeri une bande de bachibouzouks a saccagé la maison d'un notable qui a été ensuite massacré avec sa femme et ses quatre enfants. Ont été exilés à l’intérieur : D. Eleftheriou. Timoleon Charal, Bas. Lazaridis, Theod. Keliaglou, Ephraïs Danielidi, J. Arapoglou, M. Costacoglou, M. Anezouiakis.J. Kadojli, J. Keliogîou.
  • 1915 mars
    • 2. — Ph. Argvropoulo, C. Kehayoglou. Theod. Youspazoglou, Eustr. Tousdjoglou, P. Kapatis, N. Hadjianastassiou, Alex. Malalexoglou, Eustr, Kotsoglou, P. Hadjiesmer, S. Joannidi,Theod. Skeagoglou,M . Georgiadis, S.Santoridi, P.Petridi. N. Koujandjoglou, Ant. Hadjembeoglou, Theod. Hadjipares, Geo Michaïlis, A Paloglou, P. Paschalis ; exilés à l’intérieur.
  • 1915 mars
    • 4. —Papa-Jacques, Papa-Christo, Papa-Nicolaos Apdjogl Jeremie Maralogiou, Artemi Djanoglou, J. Papajogl Sp. Papjoglou, Cosma, Hadjigeorgandjoglou, C. Aslano-glou, P. Aslanoglou, A. Aslanoglou, Phiï. Aslanoglou.Char, Sinanidi, Dom. Styloglou, Dam. Vcahramnoglou Ph. Gahramanoglou, Phoc. Cahramanoglou, Char.Hadjiabramoglou, Sot. Ebremoglou, Char. Chrisbidis, Dem. Artemiadi, Hadjicharalambo Hadjilhanassoglou, Cosma Hadjiatha-nassoglou, L. Dervissoglou, Ath. Dervissoglou, Yord Kapacoglou, lladjisava Hadjiarslan, Geo. Giodanoglou, Eustr. Arslanoglou, P. Hadjioglou, Ser. Seraphinoglou, Cyril Ayakloglou, Lazare Seretaroglou, Pant. Hadjipadjioglou : exilés à l'intérieur
    • 28. — Onze Grecs exilés à l'intérieur.
  • 1915 Avril
    • 6. — Cinq Grecs exilés à l'intérieur.
  • 1915 août
    • 8. — Dix-neuf Grecs exilés à Bazikr.
    • Il est à noter que de la ville seule d'Adalia cent-trente-huit Grecs ont été expulsés jusqu'à ce jour. En outre les Grecs expulsés du village Smano ont été dévalisés par les gendarmes et dépouillés de 1.200 livres turques.

Thrace.

  • 1915 janvier.
    • — Deux Grecs, tués au village Gerdeli. Dix-sept Grecs de Kirkilissé et de Visa furent arrêtés, suspectés d'avoir assassiné le fils du Vali. Ils ont été enterrés vivants dans des fosses qu'ils furent obligés de creuser eux-mêmes. Les instituteurs et les prêtres de Kossani ont été mis en prison.
  • 1915 mars.
    • — Le prêtre du village Varnitza, Apostolos, a été étranglé dans la prison de Kessani. A Hora, plusieurs familles d'insoumis sont mises en prisons. Les femmes sont jetées par terre, foulées aux pieds et battues par des gendarmes avec des nerfs de bœuf afin qu'elles avouent l'endroit où se cachaient leurs maris. Pendant l'évacuation du village Scopos, les nommés Papakyriakos et Aristote Konstantopoulos, P. Balantsanidès, Z. Floros Zafirriadès et Th. Kokalas et Simos Simopoulos ont été massacrés par des gendarmes. La plupart des habitants de Malgara sont mis en prison. Ils y subissent des tortures. Le représentant du Métropolite et vingt-trois notables sont emmenés à Andrinople enchaînés. En route, ils sont battus par les gendarmes.
  • 1915 avril.
    • Deux Grecs ont été pendus sans motif à Andrinople.
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 Les persécution antihelléniques en Turquie depuis le début de la guerre européenne. D'après les rapports officiels des agents diplomatiques et consulaires.
PARIS, LIBRAIRIE BERNARD GRASSET, 1918

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