On a parfaitement le droit d'ignorer l'existence de l'Arménie, ou bien de n'avoir en tête qu'un kaléidoscope confus qui mêlerait le souvenir de Xénophon, Aznavour, l'abricot, des marchands orientaux à la faconde méridionale, Mikoyan, Saroyan, Khatchatourian... et quelques-unes de vos relations. De ces images banales il ressort néanmoins la première vérité sur l'Arménie : il s'agit d'une minorité et l'on sent tout de suite le peuple dispersé et malheureux. Il n'y a que les exilés pour mettre ainsi en valeur les personnages, les faits, les choses célèbres qui leur permettent de croire encore à l'existence de leur race — et avoir besoin de cette fierté pour supporter leur destin d'opprimés.

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